A

Abîme


Jacques Cluzaud • France • 1994 • 9 min


 

 

Un couple dans une chambre se filme en vidéo pour participer à un concours. Soudain, nous apercevons un preneur de son et un accessoiriste et enfin une équipe de télévision. Nous sommes sur un plateau de télévision. Puis, en reculant, nous assistons à la répétition d'une pièce de théâtre. Nous sommes dans un théâtre. En reculant encore, nous découvrons une équipe de cinéma qui tourne un film.

A l'Epoque


Nadine Buss  •  France • 2005 • 8’


 

 

Rares doivent être les Allemands venus se réfugier en France à la Libération. C’est le cas de mon père. Son cauchemar : que quelqu’un apprenne sa nationalité.

 

 

Prix du Meilleur film d’animation au Festival du Court de Clermont-Ferrand

 

Prix Classe jury au Festival Plein la Bobine de La Bourboule



L’Ami y’a bon


Rachid Bouchareb •  France, Allemagne • 2004 • 8’35

 

 

 

La France déclare la guerre à l'Allemagne en 1939. Les colonies françaises sont un important réservoir d'hommes. Aby est mobilisé pour voler au secours de la mère Patrie. Il quittera le Sénégal pour la France. La débâcle de l'armée française conduit Aby dans un camp de prisonniers en Allemagne. Libéré en 1945, il rentre au pays.


 

L’Ami y’a bon est un film d’animation de Rachid Bouchareb, réalisateur d’Indigènes. En 2004, l’auteur aborde en 8 minutes 35 le thème de la participation des troupes coloniales dans les guerres mondiales. On suit l’histoire d’un tirailleur sénégalais, Aby, qui quitte son pays pour voler au secours de la mère patrie. De retour au Sénégal en 44, il participe à la mutinerie du camp de transit de Thiaroye, se révoltant ainsi contre les promesses non tenues des officiers français et le non paiement de leur pécule. La sobriété du dessin et de la mise en scène rend à Aby un grand hommage. On aurait peut être souhaité la même simplicité dans son dernier film...

Martine Jéhanno • VO

 


À nos amours

Maurice Pialat, France, 1983, 1h35

 

Suzanne ne sait que faire de ses 15 ans. Elle les laisse s'écouler le long de ses vacances, qu'elle passe à répéter des scènes d'«On ne badine pas avec l'amour», de Musset, et à faire du voilier avec son frère, Robert. Quand elle s'offre à des garçons, c'est en les choisissant soigneusement parmi des inconnus, sans surtout vouloir se brûler au souffle des sentiments. Ses parents sont fourreurs, à Paris. Le père n'en peut plus. Il le fait violemment savoir à sa femme, accable sa fille de reproches puis prend la porte pour ne plus revenir. Et tandis que la mère, tout à son rêve d'harmonie familiale, continue le processus de destruction de sa famille, Suzanne, désemparée, ne sait plus qui aimer, qui ne pas aimer...

 

A nos Amours  a été programmé dans le cadre d'un week-end consacré au cinéma de Maurice Pialat avec deux autres films :  Loulou  et Van Gogh. Tous trois présentés par Charlotte Garson

« De toutes façons, il n'y a rien à dire, elle est superbe ! » : la réputation de dur à cuire de Pialat directeur d'acteurs en prend pour ses frais dans ce film de 1983 où sa complicité avec la débutante Sandrine Bonnaire éclate. Le personnage de Suzanne (« T'as 16 ans et tu crois pas à l'amour ! » lui lance son frère) est l'un des plus beaux de tout le cinéma français. Jusque dans ses ellipses, le film fait le portrait d'un passage à l'âge adulte d'une fille dont les parents sont sur le point de se séparer et dont le frère voit d'un mauvais œil les flirts et l’émancipation. Jamais la scène de ménage (en l’occurrence familiale) n'a été filmée avec un tel flair : les gens s'agrègent et s'agrippent, tout en hurlant leur désir de se débarrasser l'un de l'autre. Sous ses airs chaotiques, la mise en scène est très maîtrisée, en particulier le rapport à l'espace d'un appartement-atelier de tailleur – la profession du père, interprété par Maurice Pialat, qui joue à sa troupe un sacré tour en débarquant lors d'un dîner sans crier gare alors que le scénario le donnait pour mort...

Charlotte Garson



Art total


Gwenn Pacotte, Pierre Excoffier • France • 2000 • 3'40

 

 

Art Total met en scène des images documentaires avec un commentaire de fiction. Jean-Pierre Darroussin prête sa voix au commentateur, Paul Mar.

Où il apparaît que l'art et le pétrole ne sont pas totalement solubles dans l'eau de mer...

 

 

Prix de la provoc' au festival des Très Courts

 

 

 


L'Arrangement

Elia Kazan, Etats-Unis, 1969, 2h05

 

 

 

Eddie Anderson a apparemment tout pour être heureux : publiciste talentueux, marié à une femme belle et intelligente, Florence, leur aisance matérielle leur garantit une vie sans problème.
Mais un accident de voiture qui n'est peut-être pas dû au hasard va tout changer. Eddie est sérieusement blessé. Lors de sa convalescence, on ne peut le tirer de son mutisme. Le souvenir de ses parents le hante : son père, Sam, qu'il n'a jamais vraiment aimé, ni très bien compris, sa mère, calme, résignée, supportant les difficultés de la vie.
Et il repense à Gwen. Il se souvient de leur liaison tumultueuse et passionnée et il ne peut l'oublier...

 


À tes amours


Olivier Peyon, France, 2000, 6’

 

Ils sont frère et sœur, mais ils ne vivent pas sous le même toit et ne se voient pas souvent. Un peu plus âgée que son frère, elle le taquine pour obtenir ses confidences. Amoureux de Céleste, il n’ose pas se déclarer. Elle décide de l’aider. Il accepte de jouer le jeu de la répétition.

 

 

Prix du meilleur court-métrage au

festival international du film de Luchon

 

 

 


L'Aurore    ☉   Sunrise

Friedrich Wilhem Murnau, Etats-Unis, 1927, 1h37

 L’Aurore est un film lumineux, lumineux par la beauté de ses plans, par sa perfection formelle, par sa force de restitution en images d’états psychiques, par l’extrême émotion qui s’en dégage.
A la première vision tout semble binaire, la paysanne opposée à la citadine, la ville à la campagne, le jour à la nuit, l’amour à la sexualité, le bien au mal. En fait le propos est plus nuancé, la ville vue comme un lieu de plaisirs futiles permettra au couple de se reconstruire dans le rire et le bonheur; L’épouse écartée renaîtra à la sensualité.

La femme de la ville a une fonction démoniaque, elle exerce une emprise totale sur Ansass qui dans toute la première partie du film est en état de possession. L’image vampirique féminine de Nosferatu n’est pas loin, c’est à l’arrivée de l’Aurore qu’elle s’enfuira ? La danse endiablée qu’elle entame dans les marais sous la lune est saisissante, d’une sensualité très audacieuse.

Dans L’Aurore, tout est simple mais inattendu. On passe du mélodrame à la comédie puis on revient au mélodrame. Le fantastique n’y est pas incongru, un tramway surgit d’une forêt, le couple traverse la place encombrée de voitures qui les frôlent sans les atteindre. Murnau en utilisant des surimpressions nous fait basculer dans l’imaginaire.

Je retiendrai longtemps le visage lumineux, solaire et clair de Indre et le visage en pleurs de Ansass dans l’église. J’accepte complètement le mélodrame qui ne devient jamais un mélo.


Hélène le Guével • VO