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Panique

Julien Duvivier, 1946, France, 1h40

 

 

 

 

Le corps de Mademoiselle Noblet est découvert dans un terrain vague. Monsieur Hire, personnage bizarre et inquiétant  est soupçonné d’avoir commis ce crime. Alice qui vient d’arriver dans le quartier découvre que le coupable est son amant et profitant de l’amour que lui porte Monsieur Hire oriente les soupçons vers cet étrange personnage.

 

Après la rétrospective intégrale des films de Julien Duvivier à la Cinémathèque de Paris en 2010, voici venu le temps de découvrir ou redécouvrir en salle l’œuvre de Duvivier. Pathé et Gaumont se sont associés pour restaurer quatre films jugés emblématiques : La Belle Equipe (1936), La Fin du Jour (1939), Panique (1946), Voici venu le temps des Assassins (1957).

 

Julien Duvivier évoque pour une grande partie d’entre nous  un réalisateur français « classique » que nous avons découvert  à la télévision, voire au Cinéma de minuit. On ne peut que se réjouir de voir en salle certains de ses films. Ainsi Panique que nous vous proposons ce soir est le quarante-septième film de Duvivier, tourné en France en janvier 46, dans les studios de La Victorine à Nice.

 

En 1946, à 50 ans, Duvivier est un réalisateur célèbre mais la critique lui reproche son exil aux Etats Unis de 1940 à 1945, où il retrouva d’ailleurs Jean Renoir et René Clair. Panique est donc le film du retour en France et c’est « un film  politique » qui nous livre une vision du monde plutôt pessimiste  alors que nous sommes dans l’euphorie de la victoire. L’histoire de Monsieur Hire, (Hirovitch), tirée du roman policier de Georges Simenon Les fiançailles de Monsieur Hire (1933) met en scène un monde de cruauté même si la chanson d’amour finale nous parle de la beauté du monde…

 

C’est Michel Simon qui incarne Monsieur Hire et en fait un personnage héroïque et chevaleresque. Simon dirigé par Duvivier nous apparait très différent  du Simon dirigé par Renoir, nous découvrons là un autre visage à cet immense comédien.

 

Viviane Romance joue encore le rôle de la fiancée sans scrupule, mais cette fois-ci à la différence de son personnage dans La Belle Equipe, elle commence à douter, à éprouver des remords. Il sera d’ailleurs intéressant de se poser la question de la place de la femme dans le cinéma de Duvivier, de belles surprises en perspective !

 

La mise en scène des personnages, de la foule notamment, les angles de prise de vue relèvent d’une grande ingéniosité. Duvivier sait occuper l’espace, nous le rendre vivant : nous avons l’impression d’être dans un quartier de Villejuif alors que tout est tourné en studio. C’est cette maitrise de l’art cinématographique qui fait de ce réalisateur un grand professionnel.

 

Au cours de notre échange autour du film le vendredi 3  mars, nous pourrons nous demander si il existe un style Duvivier. Forts des films de Duvivier que nous avons déjà vus (filmographie ci-dessous en aide mémoire) peut-on définir une ligne Duvivier ?

A vos K7, DVD, souvenirs, souvenirs…

Martine Jehanno • Version originale

 

Julien Duvivier (1896-1976)

60 films en 50 ans de carrière

Films muets

1919 : Haceldama

1924 : Poil de Carotte

1930 : Au Bonheur des dames

 

Films parlants

1933 : La Tête de l’homme

1935 : La Bandera

1936 : La Belle équipe

1937 : Pépé Le Moko

1939 : La Fin du Jour

1940 : La Charrette fantôme

 

Films aux Etats-Unis

1941 : Lydia

1942 : Six Destins

1943 : Obsessions

1944 : L’Imposteur

 

 

 

 

 

 

 

Films des années  50 et 60

1947 : Panique

1952 : Le Petit monde de Don Camillo  

       La Fête à Henriette

1953 : Le Retour de Don Camillo

1956 : Voici venu le temps des assassins

1957 : Pot Bouille

1959 : Marie Octobre

1960 : Boulevard

1962 : Le diable et les Dix commandements

1967 : Diaboliquement vôtre


Paterson

Jim Jarmush, Etats-Unis, 2016, 1h58

 

 

 

 

 

Paterson est chauffeur de bus à Paterson, ville du  New-Jersey, berceau des poètes tels William Carlos Williams ou Allen Ginsberg. Il mène une vie réglée parson travail, aux cotés de sa femme Laura, en constante création, et de son chien Marvin. Paterson écrit des poèmes …

Quel bonheur de vous présenter Paterson, le dernier film de Jim Jarmusch ! Sorti en France le 21 décembre 2016, avant les États-Unis, c’est un beau cadeau de nouvel An, qui nous réchauffe le cœur et nous redonne quelques  raisons d’espérer dans ce bas monde… C’est l’antidote à la morosité ambiante ! Jarmusch nous ouvre une fenêtre sur le monde et la vision du monde de ce toujours jeune réalisateur de 63 ans nous plaît beaucoup.

 

Le film a bénéficié d’une bonne couverture médiatique et vous connaissez déjà l’histoire, celle d’un chauffeur de bus dont on suit le quotidien pendant une semaine. Sa femme Laura est une femme au foyer, housewife, dit- on, mais elle n’est en rien une desperate housewife. Elle crée un univers en noir et blanc, en cercles et courbes qui nous fascine.

 

En fait le film ne se raconte pas, il se voit car si vous vous en tenez à l’histoire, la banalité de cette histoire pourrait vous conduire à penser que c’est un film ennuyeux, qu’il ne se passe rien. Et pourtant si tout - l’essence même de la vie  - se définit dans cette simplicité. Les acteurs Adam Driver (prédestiné pour ce rôle de chauffeur !) et Golshifteh Farahani (actrice iranienne que l’on admire depuis longtemps- déjà présentée par VO en mai 2014 dans My Sweet Pepperland d’Hiner Saleem) incarnent ce couple Laura / Paterson avec beaucoup de poésie et de grâce.

 

Si citer Lamartine peut paraître démodé c’est pourtant bien une expérience de vol de temps suspendu que nous offre ce film, venez savourer le plus beau film de ces dernières années. Et c’est en compagnie de Damien Aubel, rédacteur cinéma de la revue Transfuge, que nous partagerons ce délice cinématographique le jeudi 19 janvier à 20h30.

Martine Jehanno • VO

 

Petite Lumière

Alain Gomis, France, Sénégal, 2003, 15'

 

 

Dakar, Sénégal. Fatima est une petite fille de 8 ans. En ouvrant et fer­mant le réfri­gé­ra­teur, elle se demande si la lumière reste allu­mée lors­que la porte se referme… elle décou­vre que non. Alors Fatima des­cend dans la rue, ferme les yeux, puis les ouvre, puis les referme… : Est-ce que les gens exis­tent encore quand ses yeux sont fermés ?…



Play

Alicia Scherson • Argentine, France, Chili • 2005 • 1h45

 

Cristina, une jeune Mapuche qui s'occupe d'un vieux monsieur malade, vit dans les quartiers populaires de Santiago de Chili . Dans ses moments de liberté, elle parcourt la ville en écoutant de la musique et trouve le porte-documents qu ́on a volé à Tristán, un architecte, dont la vie parfaite se décompose. Le rythme tranquille de Cristina va lui aussi être perturbé. S’amorcent alors deux parcours parallèles pleins de légèreté (vers une hypothétique rencontre ?). Press play and live...

 

Prix du Public au Festival des Trois Continents 2005

Meilleur Nouveau Réalisateur au Tribeca Film Festival 2005

Prix du Public, Meilleur Film Latino-américain, au festival des Films du Monde 2005 (Montréal)

Meilleur Premier Film, au festival de La Havane 2005

 


 

Play est une petite chanson pop sur un homme qui "cherche et une femme qui trouve". Ce premier film décontracté, plein de trouvailles et d'humour, lance de discrets petits clins d'œil du côté de Jean- Luc Godard.


On avait déjà noté ces dernières années la vitalité du cinéma argentin, et Play nous apporte aussi de bonnes nouvelles du cinéma chilien. Bien sûr, Play n'est pas un film parfait, mais à côté de moments où elle en fait peut-être un peu trop, la réalisatrice met en place de beaux moments de cinéma. Les scènes, souvent composées de gros plans visuels et sonores, comme une mosaïque très colorée, se succèdent alors, passant d'un réalisme quotidien où prime la solitude au merveilleux ou à un absurde inattendu.

Avec ses nombreux plans de marchés et de rues, le film donne aussi une place importante à la ville de Santiago, en dressant un portrait à la fois réel et imaginé.
Film très sensoriel, où la musique tient une place essentielle, Play est une fable contemporaine mais ses personnages conservent autour de la solitude de chacun une touche d'intemporel, relativement désabusée mais pas déprimée, car Alicia Scherson considère que "dans la vie comme dans l'art, la légèreté est essentielle [et que] le seul moyen de ne pas succomber sous le poids du monde, c'est d'être léger et fort à la fois."
Bref, une façon de finir en beauté notre saison cinéma avant l'été...
"

Dominique Loiseau • VO

A propos d’Alicia Scherson

 

Née à Santiago du Chili en 1974, Alicia Scherson a d'abord étudié la biologie avant de partir à La Havane faire des études de cinéma. En 1999, grâce à une bourse, elle va à Chicago où elle obtient un master en Beaux-Arts. Elle rentre à Santiago en 2002 et devient professeur de cinéma.


Play est son premier long métrage, après des courts métrages remarqués.



Les Princesses de la piste


Marie Hélia • France • 2005 • 37'

 

 

Katia et Céline partent en piste un samedi soir à Brest. Elles trouvent une inscription : "Toutes les femmes ont droit à l'amour", plus un numéro de téléphone. Elles appellent et tombent sur un certain Jean-Marc, vendeur de véranda...