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Van Gogh

Maurice Pialat • France • 1991 • 2h40

 

 

Au mois de mai 1890, Vincent Van Gogh s'installe à Auvers-sur-Oise, chez l'aubergiste Ravoux. Sur les recommandations de son frère Théo, Vincent demande au docteur Gachet de soigner ses migraines. Le médecin, amateur de toiles impressionnistes, s'intéresse au travail et à l'homme, bien qu'il comprenne mal le premier et pas du tout le second. La fille du praticien devient bientôt le modèle et la maîtresse du peintre. Cette liaison n'empêche pas Vincent de revoir ses amies parisiennes, et notamment Cathy, une prostituée. Au courant du mois de juillet, Vincent se rend à Paris. Là, il retrouve Théo, son frère, bien installé dans la vie. Les deux hommes, que tout oppose, ont une violente altercation...

 

Van Gogh a été programmé dans le cadre d'un week-end consacré au cinéma de Maurice Pialat avec deux autres films :  A nos amours et Loulou Tous trois présentés par Charlotte Garson

« La tristesse durera toujours » : cette phrase que Van Gogh aurait proférée sur son lit de mort, le père d'A nos amours, joué par Maurice Pialat, la citait à ses commensaux interloqués.  Huit ans plus tard, le dixième long métrage de Pialat est une somme, un traité de cinéma en même temps que de mélancolie, un manifeste de colère, si cela peut exister (la lutte des classes est âpre autour de l'artiste). A notre époque où le film biographique fonctionne comme un pis-aller pour une industrie à la recherche de scénarios fédérateurs, cette chronique des derniers jours de Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise évite tout académisme. Rage contre les marchands d'art et contre la critique, désir envers son modèle mais aussi envers le personnage de la prostituée jouée par Elsa Zylberstein : les pulsions donnent au film, le plus renoirien de son auteur, la pulsation de la vie même, complétée par un travail de peintre de Pialat, qui jamais n'est tenté par l'imitation du style de Van Gogh. S'il converse avec la peinture (c'est d'ailleurs sa main que l'on voit lorsque Van Gogh/Jacques Dutronc peint), c'est aussi bien avec celle de Cézanne et de Degas. Quant à la mise en scène, c'est avec French Cancan qu'elle dialogue, le plus coloré et mouvementé de Renoir.

Charlotte Garson



Vaysha l'aveugle



Théodore Ushev, 2016, Canada, 8 min.

Ce court-métrage a été programmé dans le cadre de la leçon de cinéma sur le cinéma d'animation donnée par Xavier Kawa Topor en avril 2018

Vaysha n’est pas une jeune fille comme les autres, elle est née avec un œil vert et l’autre marron. Ses yeux vairons ne sont pas l’unique caractéristique de son regard. Elle ne voit que le passé de l’œil gauche et le futur de l’œil droit. Véritable sortilège, sa vision scindée l’empêche de vivre au présent. Elle est aveuglée par le passé et tourmentée par l’avenir; son regard unique est parfaitement divisé en deux temporalités irréconciliables...

 

 

Ce court-métrage a été écrit en résidence à Fontevraud et nominé aux Oscars.



Les Visiteurs

Elia Kazan • Etats-Unis • 1972 • 1h30

 

 

 

En plein hiver, Mike Nickerson et Tony Rodriguez se rendent dans une petite villa du Connecticut où vivent Harry Wayne, un écrivain d'âge mûr, sa fille Martha, son fiancé Bill Schmidt et leur jeune enfant. Les deux hommes sont d'anciens compagnons d'armes de Bill, lorsque ce dernier combattait au Viêt-Nam. Les retrouvailles vont être difficiles ...

 

Le film Les Visiteurs a été programmé dans le cadre d'un week-end consacré au cinéma d'Elia Kazan avec deux autres longs-métrages : L'Arrangement  et La Fièvre dans le sang. Tous trois présentés par Guy Fillion

 

Les trois films présentés au cours de ce “week-end Kazan” ont été choisis parce qu’ils ne sont par forcément les plus connus de l’auteur et parce qu’ils représentent, dans sa dernière période de création, trois approches cinématographiques différentes : un film apparemment conventionnel, traité comme tel au début mais poussé au-delà de la convention (La Fièvre dans le sang 1961) , un film hollywoodien qui par les moyens mis en œuvre veut faire oublier qu’il est l’adaptation d’un roman (de Kazan lui-même) (L’Arrangement 1969) et un film modeste par son budget et ses moyens techniques mais pas pour autant anodin (Les Visiteurs 1972). Trois approches différentes mais qui, à notre avis, offrent une entrée assez complète dans l’univers de cet auteur important.

Guy Fillion

 



Voici venu le temps

Alain Guiraudie • France • 2005 • 1h23

 

Voici venu le temps où les guerriers d'Obitanie sont à nouveau sur le qui-vive, lancés à la poursuite de Manjas-Kébir, le bandit qui a enlevé la fille de Rixo Lomadis Bron, un riche propriétaire terrien qui règne en maître sur les bergers de la Montagne Pourpre. Voici venu le temps où Rixo Lomadis Bron, accusant Manjas-Kébir d'avoir tué sa fille, exhorte tous les habitants du pays à traquer l'assassin...Et où Radovan Rémila Stoï, le plus grand guerrier de la contrée, s'élève contre cet acte insensé qui a toutes les chances de les mener à la guerre.

 

 

Voici venu le temps où Fogo Lompla, guerrier de recherche hors pair et héros de l'histoire, commence à se poser des questions : sur l'introuvable Manjas-Kébir, sur son combat en faveur de la libération des bergers, sur sa vie de guerrier qui le voue à une perpétuelle errance, et sur ses histoires d'amour impossibles...


Nous avons découvert Alain Guiraudie lorsque le Fanal, dans le cadre de sa programmation jeunes réalisateurs, a projeté son moyen métrage Du soleil pour les gueux (55', 2000). Son second moyen métrage, Ce vieux rêve qui bouge (50', 2001) a reçu le prix Jean Vigo. Alain Guiraudie est ensuite passé au long métrage, avec Pas de repos pour les braves (104', 2003) et Voici venu le temps.

 

 

Le film que nous vous proposons, seul Alain Guiraudie pouvait vous le proposer ! Qu'évoquent ses films en général et celui-ci en particulier ? Générosité, humanité, jubilation, rire et réflexion. Un univers et un temps à la fois connus et décalés, loufoques mais traversés par des questions fondamentales comme le désir, la politique, l'amour...la vie, tout simplement, non ?

 

 

Un film OFNI (objet filmique non identifié), qui invente, transporte, fait rêver, où l'imaginaire est plus vraisemblable que le réel, tout en étant en phase avec nos préoccupations. Bref, un réalisateur que nous espérons vous faire aimer, si ce n'est déjà fait.

 

Dominique Loiseau • VO

décembre 2005