Michael Powell ☉ 1905 - 1990

 Michael Powell a exercé différents métiers dans le cinéma (photographe de plateau pour Alfred Hitchcock, monteur et scénariste) avant de passer à la réalisation au moment de la prolifération des "Quotas Quickies", films courts à petits budgets destinés à faire barrage à l'invasion des productions américaines. C’est sa rencontre avec le scénariste Emeric Pressburger qui va déterminer sa carrière de réalisateur : quinze ans de travail en commun et la fondation de la société de production The Archers. A travers son importante filmographie, Michael Powell a touché à des genres aussi divers que le fantastique, l'épouvante, le film de guerre, ou la comédie musicale.

 

Ce que j’aime chez Michael Powell, entre autre, c’est l’extrême diversité du propos, les histoires bien construites, teintées d’humour, d’ironie, le refus du réalisme, le surgissement du merveilleux. Des personnages profondément humains et complexes. Des portraits de femmes confrontées à une nature et une sensualité qui les portent jusqu’à les submerger (Je pense notamment au Narcisse Noir ainsi qu’à deux films que vous ne verrez pas ce week-end mais qui valent le détour : La Renarde et Je sais où je vais). Cette diversité se retrouve autour de la mise en scène. Michael Powell est aussi à l’aise dans la nature – voyez les décors du 49 ème Parallèle ou de Je sais où je vais – qu’en studio. Ses reconstitutions de décors naturels tendent au surnaturel et au poétique (Une Question de vie et de mort, Le Narcisse Noir, Le Voleur de Bagdad).

 

Hélène Le Guével • VO

 

"Si j’essaie de rationaliser ce qui m’attire vers les films de Michael et d’Emeric, je crois que c’est parce qu’ils réunissent tout l’humour et l’amusement des films américains, la grâce et la beauté des films italiens (ainsi que leur hystérie et leurs excès), et qu’ils restent pourtant si distinctement britanniques, bien que d’une manière différente des films réalistes que j’aime également."

 

 Martin Scorsese

Positif • Juin 2005

 

"Cinéma aventureux qui surprend par son exigence, son imagination inouïe, sa variété : On passe, parfois dans le même film, du réalisme à la fable, du documentaire au fantastique, des extérieurs réels aux effets spéciaux les plus sidérants (L’Inde du Narcisse noir entièrement rêvée en studio reste d’un achèvement inégalé, qui avait vingt ans d’avance)."

 

Bertrand Tavernier

Préface de l’ouvrage de Michael Powell

Une vie dans le cinéma (Actes sud)